Friday, 22 May 2026

Patrick and his father Jules - 4th entry 50th Newletter competition - Father's Day

 



Voici un témoignage touchant de mon collègue Patrick à propos de son père. Je savais qu'il avait toujours entretenu une excellente relation avec lui, et Patrick est l'une des rares personnes que je connaisse en Belgique à avoir accueilli son père chez lui lorsqu'il était malade. Je suis vraiment chanceuse que les gens me confient ces précieux souvenirs.

C'est un peu tôt pour la fête des Pères, mais je trouvais cette histoire tellement belle qu'elle méritait d'être ajoutée à la liste des contributions pour le 50e numéro de la newsletter.

"Papa, je t’ai souvent admiré, et craint à la fois. J’avoue que j’ai mis ta patience à rude épreuve durant ma jeunesse et, malgré mes frasques tu as toujours été à mes côtés, me laissant le choix de mes études et de mon avenir. Renfermé et silencieux, taiseux comme on disait à l’époque, j’ai eu beaucoup de difficulté à te connaître vraiment. La rupture familiale et ton divorce avec maman lorsque j’avais 18 ans m’ont mis devant un choix, compliqué, quand tout se déchire. J’ai choisi de rester avec toi et, pendant les huit années que nous avons partagées, j’ai enfin commencé à te comprendre. A voir l’être humain qui se cachait dans l’armure du père, écrasé par ses responsabilités. 


Après, c’est la vie qui défile chacun de son côté. Moi qui essaie de fonder une famille, et toi qui affronte ta solitude. On s’est fâché plusieurs fois, puis on s’est revu. 


L’âge aidant, ton corps à commencé à avoir de gros soucis, brisant le couple que tu avais formé depuis huit ans avec Maria. Après mon divorce, j’avais emménagé avec Sylvie, et nous t’avons accueilli chez nous pour t’apporter le meilleur possible. Un peu perdu au début, tu avais fini par te sentir bien, développant de petites routines rassurantes.


Tout cela aurait pu durer, mais un AVC à tout brisé. Tu as survécu, mais en est resté complètement désorienté. La tentative de retour à la maison s'est soldée par un échec, ton placement en maison de soins était devenu inévitable.


Le 11 février 2024, tu as eu 86 ans. La vie n'a pas été tendre ces dernières années, tu as tout perdu, même le souvenir de toi. Tous les deux, seuls dans ta chambre, on a "fêté" ça si on peut dire... Quelle tristesse. Toi te demandant ce que je te veux, et moi faisant comme si... Soudain, l'œil vif et le sourire en coin, tu me balance un "allez mon gars, faut que tu y ailles...". Tu es là, l'espace d'un instant, d'un instant seulement.  La confusion reprend ses droits, tu es reparti.


Moins d’un mois plus tard, tu nous a quitté définitivement… recroquevillé dans ton lit, absent, et ce corps qui n’en peut plus, dans un dernier souffle, qui s’éteint. 

Mais dans mon coeur tu es toujours vivant, maintenant et à jamais.


Bonne fête papa."




Cette histoire vous a plu ? Assurez-vous de ne manquer aucune autre ! 



Voici le quatrième article pour célébrer ma cinquantième newsletter, soit environ un an de publication régulière sur ce blog. Pourtant, comme vous pouvez le constater, j'ai commencé en 2012.


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